Une autre semaine au studio
Oct 14, 2025
Salut,
J’espère que tu vas bien. Je suis encore au QG du groupe en ce lundi matin, après une semaine incroyablement inspirante sur le plan musical ! Une de ces semaines où l’on atteint des sommets, tout en touchant le fond parfois, ce qui veut dire, en d’autres mots, très créative, pleine de moments et d’émotions inoubliables !
Voici un petit aperçu de ce qui s’est passé entre ces deux extrêmes.
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🎧 Ce que j’écoute
Mono – Oath (Live with Orchestra PITREZA)
Ce fut une semaine musicale des plus intéressantes, alors que nous sommes maintenant à plein régime, travaillant chaque après-midi et chaque soirée sur le nouvel album ou projet d’Alex, ce n’est pas encore tout à fait défini ! :) Mais la bonne nouvelle, c’est que la musique envahit littéralement chaque instant de nos journées !
Quand on en est là, on écoute aussi énormément de musique, pas seulement pour trouver de belles chansons, mais pour constamment se réinventer. Parfois, il suffit d’un ton, d’un rythme, d’un bruit, d’une ambiance, d’un cri, d’un murmure, de n’importe quoi qui puisse provoquer quelque chose en lien avec l’approche artistique d’Alex, jamais vraiment simple...!
On s’ouvre chacun à l’univers, dans l’espoir de recevoir un message, une étincelle unique, en se rendant disponibles pour accueillir quelque chose de nouveau et le retransmettre à travers nos filtres artistiques… ou tordus, c’est selon !
Depuis le jour où j’ai appris que nous partagerions la scène du Gloomaar Festival avec un groupe japonais qu’on aime et respecte tous énormément ici, Mono, je les réécoute beaucoup. Je les ai découverts il y a longtemps ; ils ont commencé en 1999 et sorti 11 albums depuis. Leur son, leurs ambiances si uniques reviennent toujours me hanter à un moment ou à un autre, surtout quand je suis dans mon mode d’archéologue de l’âme.
J’ai tellement hâte de monter sur scène juste avant eux le 15 novembre!
📖 Lecture qui me fait réfléchir
Murasaki Shikibu et l’art de vivre à travers l’invisible
Puisque Mono a de nouveau capté mon attention cette semaine, et alors que j’étais enfermé dans mon petit espace créatif à enregistrer et à chercher des sons et des textures qui pourraient trouver leur place dans notre travail actuel, je me suis replongé dans l’une des premières passions d’Alex pour le Japon, son peuple, sa culture profondément spirituelle et significative.
Je voulais toucher et ressentir quelque chose de profondément lié à cette longue histoire d’amour qu’Alex entretient avec le Japon, pas seulement comme un lieu, mais comme une manière de ressentir et de comprendre la vie. C’est là-bas, pour nous, que tout est né à tant de niveaux : personnels, relationnels et artistiques.
Au fil de ma recherche, je suis tombé sur un texte de Lauren Groff dans The Atlantic, relatant un voyage à Kyoto à la rencontre de Murasaki Shikibu, celle que beaucoup d’historiens considèrent comme la première romancière de l’histoire, auteure du Conte de Genji (vers l’an 1021).
Parmi les voix intemporelles du Japon, Murasaki n’est pas seulement la première romancière, mais aussi une poétesse de l’invisible : des émotions qui se déplacent comme le vent dans le silence, de la beauté trouvée dans l’impermanence, et de l’équilibre délicat entre le désir et la grâce.
Pour Alex, qui est lié au Japon depuis 2007 à travers la musique, l’amitié et une quête créative, l’esprit de Murasaki incarne ce qu’il recherche dans l’art : l’honnêteté sans vacarme, la sensibilité sans faiblesse, et le sens transmis à travers le temps sans perdre son cœur. Ses écrits m’ont rappelé que les vérités les plus profondes de la vie se trouvent souvent dans ce qui ne peut être dit, un sentiment que l’on retrouve aussi dans la musique d’Alex : ses sons, ses silences, ses mots, ses cris et ses murmures.
D’une certaine manière, Murasaki Shikibu reflète ce qui nous relie au-delà de la distance et du langage : un rappel que l’émotion est universelle, que la sincérité transcende le temps et que la beauté se trouve toujours dans la simplicité des gestes.
Quelle après-midi créative…! Le Japon me manque !
🎧 Le podcast que j’ai préféré cette semaine
Tetragrammaton – Rick Rubin reçoit Tony Hawk
Cette semaine, en écoutant le podcast Tetragrammaton de Rick Rubin avec Tony Hawk, j’ai été frappé de nouveau par le fait que le skateboard est bien plus qu’un sport. C’est une philosophie : une façon d’embrasser l’échec comme un rythme, de faire de la gravité une alliée, et de transformer la répétition en révélation.
En entendant Tony parler de son processus, j’ai ressenti cette même liberté spirituelle qui habite le cœur de l’art : la beauté de la chute, l’humilité de recommencer, la grâce d’exister pleinement dans l’instant présent.
Quand j’étais adolescent, j’étais à fond dans la culture du skate. C’était tout pour moi : la musique punk et hip-hop, la mode, les vibrations, la communauté… C’est là que j’ai trouvé ma tribu, et surtout, que je me suis trouvé moi-même. Le seul problème, c’est que je détestais tomber et me faire mal dix fois par jour, donc j’étais plutôt nul, puisque c’est la condition numéro un pour être skateur, non ? :) Heureusement qu’il y a la neige ! J’ai pu transférer toute cette culture dans le snowboard, où j’étais bien meilleur, crois-moi !
C’est d’ailleurs une culture sur laquelle Alex et moi sommes toujours parfaitement en phase. C’est pour ça que, des années plus tard à Tokyo, nous avons invité des skateurs à participer au vidéoclip de “I Just Want You To Know” (de notre ancien groupe Your Favorite Enemies). On voulait capter la poésie de leur mouvement, ce dialogue instinctif entre le contrôle et le chaos, là où l’art et la vie se croisent. Ce n’était pas une question de performance ou de figures ; c’était une question de présence. D’incarner la liberté dans le mouvement. D’exprimer ce que les mots ne peuvent pas toujours dire.
D’une certaine manière, le skateboard, comme notre musique, est une méditation sur la transcendance : l’art de trouver la grâce dans la gravité, et de vivre entre la chute et le vol. Parce qu’au fond, que ce soit à travers la musique, le mouvement ou même le silence, transcender ne veut pas dire quitter le sol, mais redécouvrir ce qui lui donne du sens.
📸 Ma photo de la semaine
Bienvenue dans mon antre créatif ! C’est la première fois de ma vie que j’ai un espace comme celui-ci, et je me sens vraiment honoré, béni et aligné avec ce mode de vie créatif au quotidien. Je dois un immense merci à la direction d’Alex car, pendant plusieurs années, j’ai passé presque toute ma vie dans un bureau..! Aujourd’hui, ce n’est plus que le matin et le soir, avant et après mes “sessions créatives” !
Et remarque le petit skateboard sur ma pédale de volume, c’est à peu près aussi proche que je peux encore être de cette culture incroyable, mais ça reste un magnifique rappel de son influence sur ma vie de tous les jours.
Tellement reconnaissant !!!!

💬 Partagé dans le Chat des Long Shadows cette semaine
Cette semaine, les discussions dans notre chat de groupe ont été particulièrement profondes. Bien sûr, entre deux éclats de rire et quelques histoires que je ne peux malheureusement pas partager ici ! Nous avons beaucoup parlé de l’impact du Japon et de son peuple sur nous — leur fidélité, leur passion, leur générosité, leur accueil, leur compassion… tout cela s’est enraciné dans la manière dont nous abordons aujourd’hui cette nouvelle aventure musicale.
Le nouvel album, directement inspiré par ce qui se passe dans le monde et guidé par les mots d’Alex, semble une extension naturelle de cet esprit japonais que nous avons développé au fil des années : une dévotion à la beauté au cœur même de la tragédie, une foi en l’empathie comme acte de création.
Alex dit souvent que le Japon lui a appris à écouter ce qui n’est pas dit, à trouver la vérité dans l’espace entre les sons, à embrasser l’impermanence non comme une perte, mais comme un lien. Cette même langue du silence et de la grâce respire à présent dans cette nouvelle œuvre, où la douleur du monde rencontre la possibilité de la compassion, et où l’art devient une prière pour l’humanité.
Encore une fois… le Japon me manque grandement !
Soyons bons les uns envers les autres !
Ton opérateur en chef et ami,
Jeff
Les publications abordées
No One Wants to Sleep Close to Me
The Next Tour’s Intimacy, My Last Tour

